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 Divin Fossile VS Vice Divin Fossile

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LauraGT
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Jeu 13 Nov 2008 - 23:41

Ok, attention quand meme a ne pas depasser les 35h, sinon, notes moi tes heures sup'!!

Bon courage.


Sinon, ca avance vos proses? Pas trop difficile?
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jp2350
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Jeu 13 Nov 2008 - 23:56

En ce qui me concerne, aucune difficulté, ou plutôt oui, faire court . Car là, mes amis, je saigne, je tranche dans le vif, je me venge, je me pourlèche les babines, je jubile et je me bidonne en écrivant en espérant que vous aussi vous rirez .
Rendez-vous dimanche soir 20h00, le gong sonnera, il faudra rendre les copies, vous aurez besoin de toute la nuit pour lire, et annoncer votre verdict.
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LauraGT
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Ven 14 Nov 2008 - 0:03

Oh j'ai hate de voir ca!


Donc je solliciterais chacun apres, tous auront le droit de vote, il faudra donner une note sur 20 à chacun des trois fossiles, possibilité de voter pendant une semaine et apres nous feront les comptes!


Mes chers divin fossiles, ce mode de notation vous convient-il?
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jp2350
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Ven 14 Nov 2008 - 0:38

Ma chère Laura, tu es maîtresse de cérémonie en l'occurrence, tu fixes les règles, tu ordonnes, nous obéissons, comme des moutons (pas pour longtemps en ce qui me concerne, c'est pas ma nature ).
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LauraGT
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Ven 14 Nov 2008 - 0:56

C'est noté!


J'exécuterais volontiers une demande du Divin Fossile
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LauraGT
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 0:57

Et bien la fin de votre temps de réflexion arrive a grand pas...

Encore la journée de demain et je souhaiterais que vous mettiez vos belles compositions a partir de demain en fin de journee, debut de soiree.

Derniere ligne droite, tous a vos plumes... ou a votre clavier maintenant!

Courage, c'est bientot fini!
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GT"m"V6

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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 3:51

Vivement demain on vas bien rire...
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yves 31
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 15:11

Monsieur le président,mesdames et messieurs les jurés,monsieur l'avocat general

Les questions qui se posent ici aujourd’hui sont les suivantes.

Que reproche t on a mon client ?et surtout peut on reellement juger un
etre si étrange qu’il déroge a toutes regles de la normalité humaine?
Eh bien oui monsieur le president mon client a eu une enfance a priori normale,N’allons donc pas chercher si loin les circonstances qui
ont fait de lui ce phénomène qui fait s’interroger la science sur l’origine genetique d’un etre aussi étrange que sympatique.
Oui ,mesdames et messieurs les jurés,une enfance normale,certe surement agitée ,pendant laquelle il mangeait goulument des bonbons avec un sourire beat , sourire qu’il arbore encore aujourd’hui sur son faciès ingrat tant ses muscles zygomatiques sont développés.
Adolescent,il vie un début de sexualité normal,emmenant sa petite copine a la chasse aux papillons comme tous les enfants de son age.certe monsieur le president, cette chasse aux coléopteres n’était que prétexte pour seduire cette douce fillette !mais qui pourrait le lui reprocher ?

Qui ?certainement pas vous monsieur le président.en effet qui ne s’est jamais vautré avec une compagne dans les herbes folles d’une clairiere ?qui n’a jamais effeuillé la marguerite ?(non ce n’était pas le nom de la jeune fille),qui ne s’est jamais roulé dans les phalaenopsis qui a l’epoque n’etaient pas une espece protegée ?
Certe je vous l’accorde,il n’était pas obligé de rentrer a la maison le soir en portant les sous vetements de sa conquete autour du cou,un peu comme un chevalier portait son augusticlave.
L’hors de sa croissance sont apparus les premieres bizarreries physiques qui font de lui aujourd’hui cet individu trop grand trop maigre et presque décharné.A tel point que son portrait pourrait servir d’enluminure dans un traité sur les bizarreries génétiques qui affectent la race humaine.
Certe il incarne a lui seul le polymorphisme du genre humain,un jour brun un jour blond un jour les deux a la fois,mais cela lui donne t’il pour autant une mine patibulaire ?nnnnnnnnnnnnooooooonnnnnnn mesdames et messieurs les jurés cet homme est résolument bon.
Que dire de plus ?comparer son cerveau lent a une machine dont les rouages sont bien huilés ou a un moteur homopolaire ne serait que pure incohérence.Ses circuits ne vont pas tous dans le meme sens?qu’importe,cet etre simple sait surfer seul sur le delta asseché du fleuve de son intelligence.
Alors par pitié ,ne le condamnez pas,déclarez le irresponsable,le délit de faciès n’est pas reconnu en France,aidez le a se réinsérer dans cette société qui ne lui a pas fait de cadeau jusque la.
Donnez lui ce coup de piston qui saura ouvrir en son cerveau atrophié la boite aux lettres de la civilisation normale.il en a besoin.
Même si il a commis des inepties,il a parait il épousé une grenouille dans le passé, monsieur le président,vous qui portez cette robe austere sous laquelle résonnent les grelots de la justice,je vous en implore :
Aqquittez il capo,la societé en a encore besoin.
Merci de votre attention et de votre clemence
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yves 31
Vice divin fossile
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 15:12

voila c'est fait,au suivant
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mickado35

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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 16:22

super rien a dire tous les mots me semble present sinon la plaidoirie est bien mais fallait pas trop forcer pour sauver il capo
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Thierry812
vice divin fossile adjoint
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 17:06

Bon comme je n'ai aucune imagination, je vais vous raconter une histoire….. (qui n'existe pas, bien sur!!).
Il était une fois une petite fille de village, euh non cette histoire existe déjà (Le petit Chaperon rouge de Charles Perrault). Ah! ….quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait- S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! , euh non plus ( Le petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry) Mais ils ont déjà tout écrit? Je cherche encore, et le temps s'égrène doucement .

Demain réveil à l'aube, c'est la dernière spéciale du rallye et je dois être fin prêt. La bombe dort sous le auvent, elle est fin prête aussi. La spéciale de demain est très longue près de deux cent quatre-vingts kilomètres, elle débute à une vingtaine de kilomètres avant le col de la neige éternelle pour descendre ensuite par une suite incessante de virages, de portions droites et de lacets vers la plaine et le delta du fleuve bleu.
J'aime bien cet endroit et j'y reviens de temps en temps en dehors de la compétition, la différence de climat donné par cette chaîne montagneuse bloquant les vents chauds en a fait un paradis tropical ou l'on trouve malgré cette latitude des phalaenopsis à foison.

Mais déjà le réveil? Il est cinq heures, debout, toilette et petit déjeuner, là je retrouve mon coéquipier, mon fidèle Fred, copilote de l'extrême, le seul d'ailleurs qui veuille bien encore s'asseoir à droite dans cette voiture antédiluvienne. Nous ne parlons pas beaucoup, c'est le repos avant la tempête. Il me montre son road book comme d'habitude avec de la couleur, des dessins, il me dit souvent que cela lui permet de s'y retrouver facilement dans le cas ou il perdrait le fil de son long monologue. Je compare souvent ces notes aux enluminures des moines d'autrefois, mais preuve que cela fonctionne bien nous n'avons jamais eut de problème de notes.
Il me montre nos principaux concurrents de la journée, nous partons derrière le coléoptère comme nous aimons à plaisanter. Mais attention il a près de vingt cinq chevaux de plus que nous et il partira avec cinq minutes d'avance, il aura donc pratiquement dix kilomètres d'avance lorsque nous nous élancerons. Il ne faudra pas s'amuser en chemin. Cinq minutes après nous, partira celui que nous appelons le méchant, en effet avec sa mine patibulaire et sa voiture, nous ne l'aimons pas, mais il nous le rend bien il est à deux points de retard au général mais seulement grâce à notre bonne place de la dernière manche arrachée dans le dernier kilomètre j'espère que nous lui avons porté un bon coup au moral.

C'est l'heure, contact, démarreur, le petit quatre cylindres s'ébroue joyeusement, on le sent en pleine forme et très content de se remettre au boulot. Hier nous avons tout vérifié, de bord à bord pour employer l'expression de Dark Vador, tout est réglé aux petits oignons les bougies, l'allumage, les freins, les rapports de boîte, les pneus, les sièges, la sono… enfin l'interphone. Depuis sa réfection complète l'alternateur est au mieux de sa forme, c'est presque désolant que l'étape se déroule de jour, on ne va pas pouvoir se régaler avec la rampe de phares concocté par nos soins.
Ah mais la température avoisine les quatre-vingts degrés, les choses sérieuses vont pouvoir commencer, il reste… sept minutes avant notre départ, Fred est plongé dans ses notes, à le voir il refait la spéciale dans sa tête. Le coléoptère est fin prêt devant nous sur la grille, écoutons son moteur pour déceler la moindre défaillance… et non tout semble marcher à merveille pour eux aussi, se sera donc une bagarre à la régulière. Ah voilà le méchant qui se range derrière nous à bonne distance.

Le commissaire nous demande de nous avancer sur la grille, et oui, perdu dans mes pensées je n'avais pas encore vu que la place était libre. Ça va bientôt être à nous. Tiens, je n'avais pas remarqué lors des essais d'hier, ils ont rapproché la baraque à bonbons de la ligne de départ, mais au fait, ou sont les nôtres? Ah, je les vois dans le vide poches.

Cinq, quatre, trois, deux, un, go, le premier virage nous saute déjà aux yeux, il est assez serré, donc aller, un peu de spectacle, pour les gens amassés derrière les barrières, c'est facile les pneus sont encore froids, et voilà, maintenant sérieux, Fred a relevé la tête d'un air complice, les choses sérieuses sont devant nous. Les virages s'enchaînent les uns après les autres, tout fonctionne bien, les nouveaux réglages semblent servir à merveille ce moteur rageur à souhaits.
Attention la première épingle, et voilà, la relance est nettement meilleure que hier. Nous sommes dans les temps, avec peut-être une petite avance de quinze secondes, il faudra confirmer dans quelques kilomètres.

Attention il y a un drapeau agité la bas à quatre ou cinq virages le long de la paroi, c'est le concurrent numéro cinquante huit qui est en panne avec sa voiture, il nous fait un petit signe au passage et nous repartons de plus belle. Un concurrent de moins devant nous, Fred me regarde, un petit rictus lui déride un instant les zygomatiques, la bande rouge au milieu de la combinaison du concurrent fait penser à un angusticlave, d'ailleurs ce pauvre concurrent est italien, c'est un signe.
Mais Fred est déjà concentré sur les virages qui arrivent. Droite quatre-vingts s'ouvre sur gauche à fond. Mais oui, à fond, nous frisons les cent-quatre-vingt-dix dans la ligne droite poursuivant ce grand gauche. Trèves de confiance, les dernières épingles avant le col de la neige éternelle sont déjà là.
Le passage du col se fait à vitesse soutenue, les quatre roues ont décollées, mais la trajectoire est bien maîtrisée, la voiture encaisse sans broncher le contact avec le sol et dévale la pente avide du premier virage. Rétrogradage de trois rapports, freinage appuyé, le premier virage après le col n'est pas de tout repos.
Mais au fait, il n'y avait pas de neige cette année, il va peut-être falloir rebaptiser le col.

Les virages continus à sauter devant le capot de notre bombinette, qui se joue avec un malin plaisir de ceux-ci. Fred m'informe que nous avons maintenant trois minutes d'avance sur notre temps de référence, c'est une bonne chose. Nous devrions bientôt voir le pare choc du coléoptère, à moins que celui-ci ne soit aussi rapide que nous.

Attention, voilà le contrôle de passage, Fred est déjà détaché que nous sommes encore à une vitesse inavouable. Arrêt pile au droit du contrôle, Fred est déjà devant la table.
Coup d'œil aux différents cadrans, la pression d'huile est redescendu à deux bars, le température monte légèrement à quatre-vingt-quinze degrés les ventilos se mettent en marche, que c'est beau l'automatisme. Le voyant d'huile de boite confirme aussi la mise en route du ventilateur. Si j'osais je partirais dans un grand calcul savant pour connaître la composante homopolaire actuelle de l'alternateur. Mais la portière claque, Fred est assis et s'attache rapidement, le premier virage est déjà là, cet arrêt ne nous a pas pris plus de neuf secondes.
Les virages se refont de plus en plus pressant. Fred m'informe que nous avons repris deux minutes quarante trois secondes à notre prédécesseur et que le méchant a perdu quinze secondes dans la montée du col, mais a comblé son retard et nous a finalement repris dix-huit secondes. Mais c'est pas mal nous le contenons bien aujourd'hui.
Un rapide calcul montre que nous devrions servir de remorque à notre concurrent de devant trente kilomètres avant l'arrivée. Oh la belle ligne droite, le compteur est au taquet à deux cents, j'espère qu'il n'y a pas de radar sinon on est bon, attention, droite cent-vingt, voilà qui calme après cette interminable ligne droite.
Fred est imperturbable, il énonce les notes tel un automate. Nous sommes maintenant proche de la vallée, mais pas beaucoup de lignes droites, les virages sont légions, le quatre cylindres marche toujours impeccablement bien.
Attention, des drapeaux sont agités, c'est un concurrent trop optimiste sur la tenue de route de sa voiture. Nous passons au ralenti, sa voiture déborde sur la route, les secours sont là, mais visiblement les concurrents vont bien. Les notes s'égrènent de plus en plus vite, mon copilote voudrait-il visiblement que nous allions plus vite encore?

La route serpente dans un polymorphisme de fleurs sauvages jetées en pâtures à quelques arbres disséminés sur les coteaux avoisinant. Voilà bien vingt kilomètres que nous roulons avec dix kilomètres par heure supplémentaires par rapport à notre temps de référence et toujours pas de coléoptère dans le viseur. Aurait-il accéléré lui aussi? Pourtant d'après nos calculs, nous lui avons repris les cinq minutes depuis déjà pas mal de temps.

Attention, voici le second contrôle de passage. Comme à son habitude, Fred est déjà devant la table alors que j'ai l'impression de rouler encore. Un coup d'œil aux cadrans, tout est ok. Euuh non pas exactement, une jauge n'est pas à l'endroit attendu, mince. La jauge à essence a descendu plus que dans nos calculs, serait ce la rançon de la puissance supplémentaire? D'ailleurs nous sommes passés sur le réservoir avant il y a peu. Il va falloir économiser, tout en roulant à la même vitesse.

Et nous sommes déjà repartis. Fred m'informe des temps. Notre prédécesseur est passé juste trente secondes avant nous. Nous avons repris les dix huit secondes à notre poursuivant. Pour l'instant ne rien lâcher. De nouveaux les virages arrivent à grande vitesse, tiens la route reprend de l'altitude, c'est certainement pour mieux finir au niveau de la mer. Gauche soixante-dix se referme sur épingle droite, puis grand gauche cent-vingt.

Ah, voilà notre prédécesseur, nous n'allons en faire qu'une bouchée, enfin nous allons plutôt essayer de le doubler. Cela ne va pas être facile, il ne va pas se laisser faire "le rascal". Si j'osais je le pousserai un peu, non pas de solution bizarre. On va le doubler à la régulière dans cette série de virages amenant sur la prochaine épingle. Ah, il s'est loupé, bien rattrapé mon gars, mais trop tard, nous sommes déjà à coté. L'épingle, puis relance, autorisation exceptionnelle de tirer cinq-cents tours par minute en plus. Huit mille cinq-cents tours, le quatre cylindres hurle maintenant, poussé dans ses derniers retranchements. Nous sommes passés, ouf, trois longueurs d'avance, les virages se bousculent devant le pare-brise. Gérer l'avance, et redescendre à des régimes plus normaux.

Encore douze kilomètres. Aie! Le voyant de réserve s'allume, il reste cinq litres, de quoi faire dix kilomètres à ce train d'enfer. Instinctivement, je lève légèrement le pied; le temps de s'habituer, Fred lit les notes deux fois. Ça y est nous sommes dans les deux derniers kilomètres, toujours personne dans les rétroviseurs, allons nous avoir assez de ce précieux liquide nauséabond et polluant? La jauge est catastrophiquement bloquée à zéro et le voyant est maintenant cramoisi.
Il faut absolument arriver dans la dernière ligne droite, elle est en pente vers la ligne d'arrivée. Un panorama magnifique s'étend sur la droite de la route, vers le delta du fleuve bleu et…. Trop tard dans un soubresaut caractéristique le quatre cylindres vient de se taire. Point mort, nous débouchons sur la dernière ligne droite à une vitesse importante, qui devrait nous permettre de passer la ligne avant notre poursuivant. Déjà moitié de la ligne droite et personne dans le rétroviseur, nous avions une bonne avance, dernier virage, la ligne est là, à deux cents mètres. Encore vingt mètres, encore dix, ça y est ouf! Passé! Fred était déjà détaché prêt à aller pousser. Et bien notre avance à fondue voilà déjà notre poursuivant qui passe avec seulement quinze secondes de retard.

Voilà donc la contribution de l'Adjoint au Vice Divin Fossile (loué soit son nom). J'espère ne pas vous avoir trop ennuyé! Je ne le referai plus c'est promis! Je retourne de ce pas au chevet du quatre cylindres si je veux pouvoir participer aux habits de lumières 2008! Bonne lecture à tous.



Edition à 18h03 juste pour faire des paragraphes, je n'arrivais pas à me relire


Dernière édition par Thierry812 le Dim 16 Nov 2008 - 20:04, édité 1 fois
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Thierry812
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 17:09

yves 31 a écrit:
voila c'est fait,au suivant


Le suivant au rapport, mon Capitaine













Je note que tu t'es fait l'avocat du diable
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 18:33

Voici donc ma modeste production. Par courtoisie, j'attendais que les deux autres concurrents aient déposé la leur. Bonne lecture .


Zoé la coccinelle



Once upon a time, pardon, il était une fois une petite coccinelle prénommée Zoé. En ce beau dimanche de mai, elle s'était préparée, bichonnée, maquillé ses yeux verts, limé les ongles de ses six pattes, avait lustré ses élytres couleur rouge Rosso Monza et ses sept points noirs brillaient comme autant de phares additionnels.

Devant rendre visite à sa cousine Laura, une coccinelle asiatique à la robe orange ornée de 175 points noirs, issue d'une famille établie depuis deux siècles en Cochinchine, Zoé se mit en route tôt le matin. Plusieurs jours auparavant, grâce à son GPS, elle avait repéré sur l'itinéraire un restaurant passé maître dans la préparation des pucerons, son péché mignon. Cette auberge, "Aux bulles d'Epernay", était mondialement connue, notamment pour sa poêlée de pucerons au champagne, mode Ramoulu. Elle prit donc son envol, toute guillerette à l'idée de cette dégustation.

Après une heure de vol, elle décida de faire une halte pour reprendre quelques forces sur sa fleur préférée, le phalaénopsis, une orchidée papillon sur laquelle elle trouverait bien quelque nourriture. Mais en survolant à basse altitude le Delta du Mékong, son regard fut soudain attiré par la couleur pourpre de l'angusticlave d'un chevalier romain à la mine patibulaire qui dérivait sur une jonque.

Ce spectacle, aussi incongru qu'anachronique, déclencha chez le coléoptère une hilarité incontrôlable, entraînant un mouvement désordonné du zygomatique.

Pensant toujours à son futur festin de pucerons, et pour que ses mâchoires broyeuses ne soient point ankylosées après cette crise de fou rire, Zoé se mit en quête de trouver rapidement un remède efficace. Elle songea immédiatement à des bonbons dont le polymorphisme est surprenant dans cette partie du monde et dont la douceur apaiserait ses mandibules malmenées.

Après un rapide coup d'œil sur les points d'intérêts enregistrés sur son GPS, elle décida de faire halte à la boutique de M. Tang, marchand de confiseries en tout genre et accessoirement d'enluminures de la période Ming.

Le vieil homme, vêtu d'un polaire orange à poids verts (une sorte d'homo polaire en somme) lui fit déguster ce qu'il avait de mieux à tel point que la petite Zoé en fit une indigestion.


Vous ne pensez quand même pas que, MOI, le Divin Fossile, le seul, l'unique, le vrai, l'incomparable, l'inégalable, allait se contenter de cette bluette à peine digne d'une cour de récréation du primaire, ce n'était qu'une mise en bouche et je vous ai préparé un autre texte, avec une véritable histoire, une petite nouvelle en quelque sorte.
J'en ai écrit dix pages, il aurait pu en faire plus de cent... . En tout cas, je sens que les dictionnaires vont chauffer, et cela me réjouit de vous faire souffrir , enfin pour ceux qui auront la patience de me lire jusqu'au bout et de suivre (je ferai une interrogation écrite après, et pour ceux qui n'auraient pas compris, je reste à votre disposition.
A bientôt ,


J'ai un gros problème technique : mon texte ne passe pas, il est trop long. Décidemment, même la technique s'en mêle. Je vous passerais donc le second texte en plusieurs fois, désolé de ce facheux contre temps.
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jp2350
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 18:43

Voici donc mon histoire, qui sera peut-être coupée .

Les sept vies de Numa



Le vieil homme emmitouflé dans une cape noire entra dans l'auberge sans un bruit. A cette apparition, toutes les voix se turent, les regards ébahis se portèrent sur cette créature, sortie de nulle part, presque informe, comme poussée par le vent d'automne.

Voûté comme s'il portait toute la misère du monde, le pas lent et mal assuré, et tout clampin, il se dirigea vers une table libre au fond de la grande pièce qui servait de salle à manger, non loin de la cheminée. Sans un mot, il s'assit, retira son grand chapeau noir et laissa apparaître un visage buriné par le temps, en même temps que l'on devinait dans ses yeux les souffrances accumulées tout au long de sa vie. Mais on ne pouvait lui donner d'âge, ses cheveux d'un gris sale entouraient un visage pâle et défait, barré d'une moustache grise, mais qui avait dû être agréable jadis.

Il semblait transi de froid, et eut les plus grandes peines du monde à cacher le tremblement de ses doigts gourds quand l'aubergiste lui apporta un bol de soupe fumante et un quignon de pain, sans qu'aucun mot ne fût échangé.

Les discussions reprirent progressivement aux tables avoisinantes, les rires et les éclats de voix recommencèrent de plus belle, un gentil chahut s'installa à nouveau et, passé un moment, personne ne fit plus cas du vieil homme que rien ne semblait atteindre, pas même les plus grasses plaisanteries de corps de garde des convives.

Il faut dire qu'en cette fin d'année 1843 nous nous trouvions dans un coin abandonné du Royaume de France, perdu entre les immensités désolantes de la Beauce et l'agitation frénétique de la capitale.

La bourgade, qui répondait au curieux nom de Ramoulu (nom sans doute à rapprocher des nombreux moulins en fonction à l'époque) mais unique en France, se composait de quelques masures et d'une église avec son inévitable calvaire. Toute vie semblait avoir quitté cet endroit sinistre, battu par les vents. Les quelques dizaines d'âmes qui le peuplaient ressemblaient à des morts vivants, décharnés, oisifs pour la plupart exceptés les rares qui vaquaient aux champs. Même les animaux semblaient attendre une mort salvatrice. Seule la forge du village donnait encore une impression de vie quand maître Vulcain, c'était son véritable nom, donnait du marteau sur l'enclume et réparait herses et faux.

Jusqu'à l'arrivée d'un homme, aussi soudaine qu'impromptue, dans cet univers d'une tristesse à damner tous les Saints, qui chamboula tout à trac le quotidien de ses habitants. Nul ne savait d'où sortait ce grand escogriffe qui se faisait appeler Il Capo (le chef en italien), sans doute en référence à ses origines transalpines qu'il aimait à rappeler dans ses rares moments de convivialité.

D'une stature imposante (près de sept pieds de haut), sec, presque malingre, dégingandé, éprouvant toujours quelque gêne avec ses longs bras, il inspirait crainte et effroi. Rustre et frustre en apparence, l'homme était visiblement rusé. Son regard bleu glacial, son nez long et droit à la Cyrano de Bergerac (un pic, un cap, que dis-je, une péninsule), un front large laissant supposer une intelligence que l'on devinait plus pragmatique que livresque, une barbiche de Mousquetaire du Roy, une lippe boudeuse, un sourire carnassier, mais surtout une mèche blonde qui ornait une chevelure noire, raide et longue, tout en lui inquiétait.

Tous les villages avoisinants bruissaient d'une rumeur concernant cette tâche claire et indélébile : on lui attribuait des pouvoirs maléfiques, comme si le Malin l'avait désigné pour accomplir ses basses besognes sur Terre. Même sa descendance était dotée dès la naissance de cette marque distinctive, et jusqu'à son chien dont la tête était pourvue d'une touffe blonde tranchant avec sa robe sombre. Ce molosse dissuasif qui veillait à l'entrée de l'auberge répondait au doux nom de Delta. En fait, c'était le quatrième chien du maître des lieux, lequel n'avait eu d'autre idée que de leur donner des noms de lettres composant l'alphabet grec, alpha, beta, gamma, delta !

Il faut dire que, malgré son âge relativement peu avancé (moins de quarante ans), l'homme avait eu une vie des plus remplies, plusieurs tomes ne suffiraient d'ailleurs pas à tirer une biographie de cet aventurier.

Des quelques confidences auxquelles il avait pu se livrer après un repas un peu trop arrosé et des rumeurs qui couraient sur lui (savamment entretenues d'ailleurs), il avait pu être établi que Numa, son vrai nom (il ne prendra le pseudonyme d'Il Capo que bien plus tard), était né le 25 juin 1805 (ou le 7 Messidor An XIII) dans une famille montagnarde du Piémont des plus miséreuses : le père, éleveur de brebis, qui avait été enrôlé de force dans l'armée napoléonienne, perdit la vie à Leipzig en 1813 ; Numa étant le dernier d'une fratrie de huit enfants, sa mère se résolut à échanger contre trois sacs de farine cet enfant chétif et sous-alimenté à peine âgé de huit ans à un riche armateur de Gènes, le Comte Dino Martini.

L'homme, sans descendance, s'était pris d'affection pour Numa qu'il considérait comme son propre fils. Totalement illettré et inculte, le chérubin reçut quelque éducation et développa rapidement un don pour les langues. Ainsi, après quelques mois d'apprentissage, outre l'italien, il pouvait converser en français, en anglais, en allemand et possédait quelques rudiments de russe et même de chinois et d'arabe. De même, les armes blanches et à feu n'avaient aucun secret pour lui, tant il s'était montré assidu aux cours du maître armurier du Comte. Ces dispositions lui seront d'un grand secours quelques années plus tard et contribueront sans nul doute à lui sauver la mise plusieurs fois.

En effet, à peine âgé de dix-sept ans, le jeune Numa, qui était désormais un bel homme, grand, athlétique, et dont la mèche blonde lui assurait un succès d'estime auprès de la gent féminine, fut désigné par le Comte Martini pour prendre le commandement d'un brigantin à destination des Indes pour le commerce de la soie et des épices.

Il accumula bien sûr une expérience incommensurable des trois voyages qu'il fit dans cette partie du monde, puis dans les Caraïbes. A chaque fois, il fallut d'abord, pour un homme aussi jeune, se faire obéir de ses équipages, souvent composés de va-nu-pieds, de brigands, de voleurs, de bannis, prêts à tout pour quelques pièces d'or ou une bouteille de rhum. Sa force naturelle alliée à une voix de stentor et un art consommé du maniement des armes lui valurent considération et respect, et ses hommes auraient donné leur vie pour lui. C'est d'ailleurs à cette époque que lui fut attribué le surnom d'Il Capo.

Il faut dire que le gaillard ne manquait pas de courage. Comme mu par une force surnaturelle, il fallait voir avec quelle maestria il dirigeait son navire dans les eaux tempétueuses de l'Océan Indien, les avaries multiples, les attaques de pirates, le scorbut, la malaria, le typhus, les rats, la famine, rien ne pouvait le dérouter et le décourager. Il fallait le voir haranguer ses hommes d'équipage épuisés après tant de mois de galère, les encourager, les réconforter, les soigner. Il fallait le voir grimper en haut des mâts pour réparer une voile déchirée par la tempête. Bref, Il Capo était aimé et respecté parce qu'il donnait l'exemple et payait largement de sa personne.

Après plusieurs années d'aventures, le visage creusé, et le corps aguerri mais las, portant encore les stigmates des combats menés contre les pirates, les indigènes, les animaux sauvage, il ressentit le besoin vital de mener une vie plus paisible en achetant des vignes et en ouvrant un commerce de vins (notamment le Marsala) à Catane en Sicile.

Ses affaires florissantes suscitèrent rapidement jalousie et convoitise de la part de certains membres d'un clan dominé par un parrain, Salvatore Giulano, surnommé Il Capo di tutti capi, un homme au visage patibulaire et grêlé, qui subodorait que ce Il Capo, par son sens du commerce, son entregent, son habileté, allait lui faire de l'ombre tôt ou tard et peut-être le remplacer. Outre les menaces à peine déguisées, les vignes détruites, ses caves dévastées, sa vie même fut mise en péril lors d'une agression nocturne à l'arme blanche par quatre hommes de main du mafieux sur le port de Catane. Blessé à l'abdomen, Il Capo se réfugia dans une abbaye où les moines prirent soin de lui.

Las, un malheur n'arrivant jamais seul, quelques semaines plus tard, une irruption de l'Etna anéantit tous ses efforts, la ville étant à moitié détruite comme ses vignobles et son commerce.

Le reste suit...
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 18:46

Suite...

Ruiné, il décida après sa convalescence de s'embarquer incognito comme simple matelot sur un navire en partance pour Constantinople. La traversée se déroula presque sans encombres, si l'on excepte le passage mouvementé des Dardanelles et l'attaque de barbares en Mer de Marmara.

Bien que subjugué par les beautés de la ville et par le coucher de soleil sur le Bosphore, Il Capo n'y resta finalement que peu de temps. Contraint à quelques rapines pour subsister, il fut vite repéré par sa grande taille et sa mèche blonde. Pourchassé et arrêté par des janissaires, il fut vendu sur un marché d'esclaves à un sultan égyptien qui, intrigué mais intéressé par son gabarit et sa connaissance de la langue arabe, en fit un mamelouk, un soldat esclave de sa milice. Il se distingua notamment à l'occasion de courses de chars en remportant haut la main le trophée des champions de la spécialité.

Mais lors d'un déplacement à Alexandrie, Il Capo, à qui encore une fois la Divine Providence souriait, fit la connaissance d'un jeune aristocrate espagnol, Saluste de la Vega, venu s'approvisionner en parfums orientaux, papyrus, cuivres, toiles de lin et de coton. Ce dernier suggéra au grand escogriffe de le rapatrier en terre chrétienne et de lui confier la responsabilité d'une de ses haciendas en Castille, proposition naturellement acceptée avec entrain à l'idée de retrouver un monde moins tourmenté.

Après cinq semaines harassantes d'un périple qui les mena en Crète, à Malte, en Sardaigne, aux Baléares à bord de leur galion, ils débarquèrent à Valencia, puis prirent le chemin de Tolède à bord d'une diligence. Il Capo fit encore preuve de courage et de détermination lors des deux attaques qu'ils subirent par des brigands de grand chemin. Son habileté à manier l'épée conforta le jeune Saluste dans sa décision d'en faire son bras droit.

Il devait être écrit quelque part qu'll Capo ne trouverait jamais de repos sur Terre car une fois encore, la Destinée s'acharna sur lui. Après à peine six mois d'une vie paisible à surveiller l'immense propriété de son bienfaiteur où il remit de l'ordre, il fut arrêté par la Garde en compagnie de Saluste et d'autres nobliaux qui avaient comploté contre le Roi d'Espagne. Malgré ses dénégations, tout ce petit monde fut expédié aux barbaresques, les fers aux pieds, pour y expier leur crime. Ils se retrouvèrent quelques semaines plus tard en Algérie, près de Sidi bel Abbès, en la compagnie peu recommandable de voleurs, d'assassins, de mécréants de tout poil, à creuser une carrière sous un soleil de plomb.

Grâce à la complicité d'un autochtone qui l'avait pris en sympathie pour sa connaissance de la langue arabe encore une fois, notre héros put échapper à ses geôliers par une nuit sans étoiles. Après avoir parcouru des centaines de kilomètres à dos de chameau, il trouva refuge sur un bateau appareillant pour Naples et remonta toute l'Italie jusqu'à son Piémont natal où, hélas, toute sa famille avait été décimée par les guerres, la famine et les épidémies.

Il prit alors le parti de se rendre en Autriche, puis Allemagne pour rendre visite à l'un de ses amis rencontré en Turquie établi à Stuttgart. Herr Otto Benz, amateur lui aussi de courses de chars et promoteur dans son pays de ce genre de spectacle, avait mis au point un char en métal très résistant mais léger qui garantissait des résultats étonnants pour que peu que l'on dispose de chevaux de qualité. Cette idée séduisit Il Capo qui entreprit de se lancer dans cette aventure, mais en France, en Alsace plus précisément. Il avait bien tenté d'innover en lançant des courses sur la neige avec la complicité d'un inuit (sorte d'homo polaire) rencontré nuitamment dans une échoppe où il faisait commerce de peaux de bêtes, l'affaire périclita rapidement par manque d'engouement et, Gros-Jean comme devant, d'humeur chafouine, il dut se résoudre à quitter cette région froide et inhospitalière pour rejoindre Paris.

Ne connaissant pas la capitale, il retrouva non sans peine des membres de la communauté italienne qui exploitaient une petite gargote dans le quartier de la République où l'on servait des spécialités du pays. D'abord employé aux basses œuvres dans les cuisines, il prit vite un ascendant certain au point que les quelques bourgeois qui venaient s'encanailler dans cet endroit exotique trouvaient Il Capo amusant dans sa façon bien à lui de servir à table, toujours avec entrain et bonne humeur.

Il participa grandement au développement et à la renommée de l'établissement en ayant eu l'idée d'agrémenter les repas d'un petit spectacle dans lequel il chantait, racontait des histoires largement inspirées de sa vie antérieure, et se livrait à toutes sortes d'acrobaties et contorsions (on l'appelait le désossé). Un soir, il fit la connaissance d'une jeune fille prénommée Rana, petite brunette aux yeux noisette, femme de chambre dans une pension toute proche, et tomba sous son charme. Eperdument amoureux, il lui fit la cour durant de longues semaines avant que la jeune soubrette ne succombe à son tour.

Les deux tourtereaux filaient le parfait amour, dans l'insouciance totale, jusqu'à ce que Rana se retrouve enceinte, ce qui signifiait la perte de son emploi à brève échéance. Il capo lui suggéra de partir avec lui loin de Paris, d'une part pour se faire oublier de la mafia sicilienne qui l'avait retrouvé, d'autre part pour écrire une nouvelle page de sa nouvelle vie à deux (et bientôt plus) en ouvrant sa propre taverne. Et c'est ainsi que le couple vint s'installer à Ramoulu, ayant appris que le précédent propriétaire de l'auberge locale, vérolé au dernier degré et scrofuleux, venait de décéder.

Arrivé au printemps 1840 dans cette campagne désolante, le couple s'était investi sans barguigner dans la rénovation de la bâtisse et après un rafraîchissement extérieur et un aménagement de l'intérieur, l'établissement s'était transformé de gargote en véritable taverne à l'enseigne "Cinquecento" (toujours cette référence à l'Italie, sa mère patrie).

Autrefois lieu de perdition et de débauche, la taverne de Maître Capo avait désormais fière allure : au rez-de-chaussée, une grande salle aux murs peint à la chaux, des dalles de granit au sol, une dizaine de tables, une immense cheminée, des rideaux accrochés aux fenêtres, des candélabres suspendus aux murs, entourant des enluminures et un comptoir délimitant la salle à manger des cuisines ; à l'étage, quatre chambres avaient été aménagées simplement mais avec goût (on y sentait une patte féminine), de quoi accueillir ponctuellement les voyageurs de la diligence qui reliait Paris à Orléans ; quant au maître de céans, il logeait avec sa famille dans une petite dépendance attenante, mais nul ne saurait la décrire tant cet antre était jalousement protégé.

Rana, surnommée affectueusement Grenouille par son compagnon, s'était dépensée sans compter pour rendre attrayant un endroit si sordide. Portant à longueur d'années de longues cuissardes, elle vibrionnait, virevoltait, s'activait dès potron minet aux cuisines. Si bien qu'elle accoucha prématurément sous l'effet des efforts consentis d'une petite fille, brune avec une mèche blonde, prénommée Giuletta.

Sous le coup d'une émotion intense, Il Capo revêtit sa tunique blanche ornée d'un angusticlave (encore une référence à son Italie natale) et sauta dans son carrosse peint en rouge et baptisé Thema (encore une lettre grecque), posé sur 32 roues et halé par 8 fougueux étalons arabes. Il tirait grande fierté d'avoir ainsi construit de ses mains un tel engin, unique au monde, et son expérience passée des courses de chars l'avait grandement aidé dans son entreprise. Il se mit à dévaler à bride abattue et dans un nuage de poussière les sentes de la campagne environnante dans un bruit d'enfer. Il semblait comme entré en transe, comme possédé par le Démon, ne reconnaissant plus personne, et fonçant jusqu'à perdre haleine, les cheveux et la mèche blonde au vent, vers une destination connue de lui seul.

De retour après deux heures d'absence, ses chevaux exténués fumant et écumant, les roues de son carrosse portant encore les traces des incursions dans les bas côtés, Il Capo était fourbu mais heureux de l'évènement. Et les insectes écrasés sur son front large ou le coléoptère lâchement occis par ce nez agissant telle une pique, témoignaient de la vitesse de l'équipage lors de cette escapade.

Les semaines, les mois, les saisons passèrent, et les affaires d'Il Capo et Rana prospéraient tranquillement, leur assurant de quoi subsister et nourrir sans compter leur fille et la chienne Delta, ainsi que les quelques brebis et les deux vaches paissant dans l'enclos voisin, sans oublier une autre pensionnaire.

Un peu comme pour exorciser son enfance malheureuse, affligé par tant de misère et comme pour remercier le ciel de sa rencontre forcée avec le Comte Martini, il avait en effet recueilli depuis quelques mois, sur l'insistance de ses bienfaiteurs restaurateurs, une jeune fille baragouinant quelques mots d'italien qui traînait à la Cour des Miracles à Paris, que ses parents, ivrognes sparnaciens, avaient abandonnée.

Retirée à ses parents indignes, Laurie, c'était son nom, avait été confiée au patron d'un cirque de passage en Champagne. Ce dernier, n'agissant pas seulement par charité chrétienne, avait rapidement vu l'intérêt d'une telle adoption. En effet, elle était devenue rapidement le clou de son spectacle, il l'exhibait telle la femme à barbe, comme une curiosité de la Nature, dans une cage, où elle dansait avec un ours. Mais, au bout de quelques mois, les saltimbanques l'abandonnèrent à leur tour dans les bas-fonds de Paris où elle côtoya des infirmes, des mendiants, des éclopés, des soldats mutilés, des gueux, des prostituées…, et ne survécut que grâce à un numéro de claquettes, jusqu'à ce que Il Capo vienne la chercher.
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 18:48

La suite...



Bien qu'âgée de dix-sept ans, la gamine était petite, presque atteinte de nanisme, et chétive. La peau sur les os, elle avait grand peine à remplir les guenilles qui lui servaient de vêtements. La chevelure blonde, barrée d'une mèche brune, des yeux bleus verts où l'on pouvait lire toute sa détresse d'enfant que le sort n'avait point épargné, elle n'avait pour tout bagage et toute richesse qu'un baluchon contenant quatre paires de chaussures, bien trop grandes pour elle d'ailleurs, mais dont elle était très fière, surtout la paire de bottines bleues dont elle avait juré ne jamais se séparer. Elle les avait chipées un soir à une danseuse de cabaret brésilienne sombrée dans un coma éthylique après sa représentation.

Après quelques jours à la campagne, loin des miasmes parisiens, Laurie avait retrouvé un aspect plus humain : les petits plats de la Grenouille l'avaient un peu remplumée, elle avait pris un bain pour la première fois de sa vie, s'était parfumée, ses cheveux avaient enfin trouvé une forme, et Rana lui avait confectionné deux robes, dont l'une, de couleur orange, lui seyait à merveille. C'était comme si Laurie renaissait à la vie, elle riait sans cesse et surtout, elle parlait, parlait, parlait…

Mais toute son éducation restait à faire : apprendre à être propre, à manger correctement, à se tenir à table, à s'exprimer autrement que par des onomatopées ou des injures en italien…Il Capo et sa compagne s'employèrent donc à lui enseigner les rudiments indispensables de la vie en société, ce à quoi elle parvint rapidement, car malgré ses énormes lacunes, la jeune fille était d'une intelligence vive et avait soif de connaissances.

Naturellement, débordante de vitalité, ne supportant pas l'inactivité, elle se démenait comme un diable et se rendait utile à l'auberge, ne rechignant jamais à la tâche. Elle aidait Rana à traire les vaches et les brebis, à plumer les volailles, à remuer la terre du potager, à faire des fromages dont le fameux Bondaroy au foin, à cuire le pain dans le four, à confectionner les plats et des pâtisseries (Pithiviers, croquignoles,…) pour une clientèle de plus en plus nombreuse, tant la renommée de l'établissement avait dépassé les frontières du canton.

Toujours pleine d'entrain pétillante et pétulante, elle n'avait pas sa langue dans la poche, riait à gorges déployées aux grivoiseries des clients, mais savait rabrouer, gentiment mais fermement, les plus entreprenants. Il Capo la surveillait de loin, d'un œil presque paternel, mais la laissait se dépêtrer seule pour acquérir l'expérience de la vie que lui-même avait engrangée sur les mers hostiles.

Laurie avait contracté la passion des chevaux. Il fallait la voir les bichonner, les étriller, les nourrir, leur parler même, se confier à eux, notamment à Sultan, un bel étalon noir. Quand il se sentait d'humeur, Il Capo lui faisait l'honneur de son carrosse et elle appréciait alors la griserie de la vitesse, cheveux au vent, espérant un jour peut-être pouvoir tenir les rênes. Pour son anniversaire, un 17 mai, le maître lui fit justement ce cadeau et elle en pleura de joie. Elle était partie prudemment, essayant simplement de rester sur le sentier, mais les chevaux piaffaient, habitués qu'ils étaient à une allure plus soutenue. Sous l'impulsion de Sultan, leur chef de meute, ils se mirent à galoper de plus en plus vite, comme pour tester la résistance de la jeune fille. Et il faut dire que ce jour là, elle les surprit par son habileté, sa clairvoyance, sa maturité à contenir pareil équipage lancé à toute allure. Il Capo lui-même en fut tout étonné et vit en elle un cocher au potentiel exceptionnel susceptible de participer à des courses de chars.

En cachette, il se lança dans la confection d'une petite carriole jaune, mue par deux chevaux pour commencer, avec quatre lanternes sur le devant, qu'il baptisa "Gialla Sporting". Quand au bout de quinze jours l'engin fut prêt, Il Capo fit venir Laurie dans la grange et lui dévoila la surprise. Là encore, que de larmes versées, que d'émotion non feinte, mais l'impatience de Laurie était la plus forte et, ayant chaussé ses bottines bleues, elle grimpa prestement dans son char pour se précipiter sur les chemins de terre et éprouver la résistance de la machine. L'exercice fut concluant et l'entraînement répété régulièrement.

Toutefois un grand évènement se préparait, en silence, mais intensément. Il Capo attendait des invités que même Grenouille ne connaissait pas. Après tant d'années, il avait imaginé de retrouver les amis qui l'avaient accompagné dans ses aventures et de les réunir autour d'une même table. La tâche ne fut pas des plus aisées bien sûr pour les localiser, mais il y parvint, à force d'obstination et de ruse, le tout dans la plus parfaite discrétion.
Pour l'occasion, Laurie avait revêtu sa belle robe orange, et portait autour du cou un médaillon sur lequel était peint un phalaénopsis, sorte d'orchidée papillon. Elle l'avait reçu en cadeau d'Il Capo qui lui-même le tenait d'une diseuse de bonne aventure rencontrée dans un bouge de Pondichéry.

En ce 16 Décembre 1843, se trouvaient donc dans son auberge quelques joyeux lurons qui ripaillaient, festoyaient, chantaient, buvaient. Il y avait là :

- Jean-Philippe, "l'agenda", toujours effrayé par le feu, il dirige un hara à Gueux en Champagne,
- Yann, dit "Panda", toujours en retard, toujours agoraphobe et consommateur de bonbons et autres confiseries,
- Pika, alchimiste fasciné par le polymorphisme de la cristallisation, mais romantique et désespérément célibataire,
- Jéjé, surnommé "la durite" ou "la glue", le musicien de service, bon vivant, farceur et arachnophobe,
- Hervé, alias "Guido", poète, naïf, distrait mais bouillonnant d'idées,
- Manue, férue de beaux arts, ne se séparant jamais d'un talisman doré qui tranche avec sa discrétion,
- Antoine son soupirant, gaillard barbu, inventeur d'un nouveau sport de glisse,
- Benoît dit "le Hongrois", breton vivant en Normandie, passionné par Eole et le crapautosaure,
- Makak, gentil colosse aux mains en or, préparateur de petits chars de course,
- Thierry, bricoleur hirsute, ne jurant que par les bandes blanches, nul ne sachant pourquoi,
- Yves, ours mal léché, râleur, mais la bonté même, l'humour en plus.

Seul manquait Laurent, incorrigible farceur et puits de science en chars de course, qu'un crabe géant avait happé quelques mois auparavant.

Tels les membres d'une confrérie ou d'une secte, tous portaient sur l'avant-bras gauche un tatouage représentant un âne riant stupidement, avec trois lettres inscrites "A.R.T." et leur signification "Amitié – Respect – Ténacité".

Cette troupe plutôt hétéroclite tout occupée à fêter ses retrouvailles et à se remémorer ses faits d'armes fut brusquement interrompue par une voix venue d'outre tombe, grave et posée, mais résonnant comme par un phénomène d'écho. Les conversations et le chahut s'arrêtèrent tout net, l'effroi se lisant dans leurs yeux ébahis.

Le vieil homme assis au fond de la salle dont plus personne ne se souvenait s'était levé, non sans difficulté, pour s'adresser en ces termes à la tablée :

"O rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie,
n'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
O cruel souvenir de ma gloire passée,
Œuvre de tant de jours en un jour effacée !"

Beaux messieurs et gentes dames, souffrez que je vous interrompe un court instant pour vous rappeler, nonobstant les hauts faits de vos misérables existences d'humbles vermisseaux dont vous vous montrez si fiers, que vous avez, une fois, failli à votre parole. Et pour peu que vos bacchanales ne vous aient trop embrumé l'esprit, je forme le vœu – hélas pieux – que la mémoire de votre forfaiture vous revienne.
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 18:50

La suite et...la fin


"Peu me chaut que vous fassiez bombance et festoyance, car c'est après tout dans la nature d'hommes tels que vous, avides, cupides, sans foi ni loi, paillards, libertins, dévergondés, faisant fi de toute bienséance et de tout code de l'honneur, n'ayant ni Dieu ni maître. D'ailleurs, avez-vous bien une âme ?

Vous me la baillez belle en vous montrant sous un jour qui n'est pas le vôtre, avec vos habits neufs, vos barbes bien taillées et vos fausses bonnes manières. Je me souviens d'un temps où vous erriez tels des chacals en hardes et en guenilles, à l'affût du moindre larcin.

Vous pensiez vous être refait une virginité après tant d'années, vous croyiez donner le change avec vos minauderies, vous ne pouvez pas tromper longtemps votre monde, le naturel revient toujours au galop, vos mœurs dissolues refont surface et vous vous replongez aussitôt dans, la luxure, le stupre, la fornication, la décadence, comme en témoignent les conversations – si l'on peut ainsi qualifier les propos et les borborygmes – qu'il m'a été donné d'entendre depuis plus de quatre heures.

Gens de peu de foi, de quel bois êtes-vous donc faits pour vous être affranchis à ce point du plus élémentaire respect de la parole donnée ?

Mon cher Il Capo, moi aussi, tel César s'adressant à Marcus Brutus, je pourrais m'écrier "Tu quoque, mi filii !" (Toi aussi, mon fils !). Toute l'affection que j'avais reportée sur toi, toi qui était le sang de mon sang, la chair de ma chair, toi que je chérissais tant, ta honteuse trahison m'a mis le cœur en charpie.

Ce jour-là, mes souffrances physiques n'étaient rien en comparaison du désarroi, de la tristesse, de désespoir que tu m'as infligés. Mon corps était une plaie béante, mais mon cœur était prêt à imploser".

Devant l'incrédulité de l'assemblée, bouche bée et médusée par l'imprécateur, la voix poursuivit :

"Si je vous dis : le vin coulait à flots et les filles couraient nues, cela évoque t-il quelque réminiscence dans vos esprits pas plus grands qu'un dé à coudre ? Souvenez-vous, nous venions de quitter ce lupanar de Zanzibar, fréquenté par l'engeance, la lie de la Terre, quand nous sommes tombés dans une embuscade tendue par des indigènes qui en voulaient à nos pièces d'or. Et après un combat acharné, vous m'avez laissé pour mort parce qu'une flèche empoisonnée m'avait transpercé le flanc, qu'une machette était restée plantée dans mon dos,que mon œil droit était sorti de son orbite, que ma jambe gauche n'était plus qu'un amas de chairs sanguinolentes.

Mais vous avez battu en retraite, vous avez préféré la fuite. Honte à vous ! Où était donc oublié votre serment ?

Môssieur Il Capo, ou plutôt devrais-je dire Monsieur le Comte de la Principauté de Ramoulu, puisque j'ai ouï dire que tu avais acheté ce titre, toi que je tenais en si haute estime, ce jour-là, tu aurais dû m'achever de ta main, comme je t'en implorais. Mais tu as préféré m'abandonner aux griffes de ces barbares, de ces sous-hommes, qui m'ont retenu en captivité dans une cage de bambou pendant trois ans. Mes plaies se sont infectées, mon cerveau divaguait, j'ai en maintes occasions entrevu la porte de l'au-delà, j'ai même tenté de mettre fin à ce qui me restait de vie. Mais à chaque tentative, ton visage me revenait, me hantait, au point de renoncer à mes coupables envies d'en finir, car je tenais à te voir une dernière fois, et te signifier, les yeux dans les yeux, tout mon dégoût.


A force d'abnégation, de résistance et de courage, j'ai pu guérir en partie de mes maux, tromper la vigilance de mes geôliers, m'enfuir dans la jungle et regagner notre pays. Mais que d'embûches sur ce véritable chemin de croix, que de coups de Jarnac, de trahisons encore et toujours, de souffrances, de mensonges…

Pour parvenir en ces lieux, j'ai dû marcher des jours durant, escaladant des sentes ardues, clopinant dans les caillouteuses contingences. J'ai dû avaler des couleuvres, passer sous les fourches caudines de petits maîtres, aller à Canossa plus d'une fois qu'à mon tour. J'ai connu le froid, la faim, la misère, contraint de voler pour subsister. Ma fierté en a pris un coup, mais j'étais tellement obsédé par ton visage que ma volonté – quasi-inhumaine – m'a constamment aiguillonné.

Je le vois bien sur vos visages blafards et incrédules, vous ne voulez toujours pas vous rendre à l'évidence. Vous me prenez pour un mort-vivant ou un fantôme revenu de l'enfer ! Qui suis-je donc pour me permettre de troubler un si noble assemblée et raviver le plus abject qui était enfoui au plus profond de chacun de vous ?

Je vais vous le dire, puisque vous vous refusez à croire l'impensable, l'improbable, l'incroyable. Je suis Gontran de Ségonzac, Vicomte de Buxerolles, que vous appeliez affectueusement Divin Fossile en raison de notre différence d'âge".

Un silence assourdissant planait dans la salle et les convives, le regard bas et gêné, prirent alors conscience que la "chose" qui se tenait devant eux était bien l'un de leurs anciens compagnons.

La voix continua :

"J'étais venu en quelque sorte régler mes derniers comptes, devant vous et avec vous, hic et nunc (ici et maintenant), avant de vous quitter, cette fois-ci pour toujours, misérables larves.

Mais les récits de vos aventures m'ont tant ému et ravivé en moi tant de souvenirs, que je ne puis me résoudre à vous blâmer et à vous maudire jusqu'à la vingt-cinquième génération comme il était dans mes intentions. Vous n'avez agi finalement qu'en êtres humains, avec tout ce que cela comporte de bassesses, de compromissions, de mensonges, de vilenies, de veuleries, d'hypocrisie et de trahisons. "Homo homini lupus" (l'homme est un loup pour l'homme), Dieu que c'est vrai, je puis en témoigner !

Je suis au bout du compte si heureux de vous voir apparemment bien installés dans la vie que je souhaiterais fêter ces retrouvailles en trinquant avec vous.

Auparavant, j'aurai un mot à l'adresse de la jeune Laurie dont j'ai appris les dispositions pour les courses de chars : ma chère Laurie, sache que tu ne devras compter que sur toi-même et en tes capacités. Ne fais surtout confiance à personne, et surtout pas à ce brigand d'Il Capo dont je vois bien qu'il voudrait te prendre sous son aile.

Toutes ces émotions et ces bavardages m'ont mis en appétit, d'autant que je n'ai rien avalé depuis trois jours, et je goûterais bien ce gigot et ce délicieux gâteau, accompagné de ce divin nectar. Ce fut un véritable supplice de Tantale que de vous observer, de vous voir vous empifrer depuis des heures?

Et le vieil homme éclata d'un rire tonitruant de la bonne blague qu'il venait de faire à ses amis, et la nuit ne fut pas assez longue pour célébrer ces retrouvailles…


L'auteur dégage toute responsabilité d'une quelconque exploitation qui pourrait être faite de cette œuvre de pure fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne serait que coïncidence.

Copyright Opera Mundi, y compris pour les pays scandinaves et l'ex-URSS.



Je suis navré de ce contretemps technique, en espérant qu'il ne nuira pas trop à la bonne compréhension du texte. Bonne lecture.
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Thierry812
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 19:56

Alors là Le Divin Fossile reste le Divin Fossile

Quelle érudition

Je ne peux que m'incliner devant une telle verve.
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il capo
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 21:43

Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked

j'ai cru mal voir mais non les fossiles se sont lâchés et pas qu'un peu

je vais prendre au moins une demi journée de boulot pour le récit ,mais la je dois avoué que vous avez fait très très très très fort

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Monster Yann Garage
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 22:41



Merci à tous les trois. Je dis : "Respect". J'ai lu chaque réponse avec attention et il est difficile de mettre en dessous de la note maximum? non?.

D'une part, le contrat a été rempli. Tous les mot sont présent et ce n'était pas facile.

En ce qui concerne notre Divin Fossile. Il y a longtemps que je n'avais pas lu une histoire aussi passionnante (moi qui n'aime pas franchement lire finalement Embarassed ) J'ai envie de lire la suite des aventures de il capo et de ses amis (moi? je suis comme ça? )

Encore bravo à tous les trois. Vous serez d'accord avec moi : on ne voit rien d'équivalent ailleurs!!! cheers

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jp2350
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 23:14

Pardonnez-moi de faire cet addendum. Outre deux ou trois fautes de frappe (il manque un s à sauvage, notamment) inhérentes à la précipitation, je me suis rendu compte que j'avais commis l'iiréparrable en écrivant "irruption" alors qu'il fallait naturellement comprendre "éruption" lorsqu'on parle de la colère d'un volcan.
Encore toutes mes excuses, mais j'étais tellement pris par l'histoire... Embarassed
Mon cher Yann, j'espère que tu as compris l'allusion à ta petite compagne canine dans le patronyme Saluste de la Vega .
Par ailleurs, "un inuit rencontré nuitamment", cela s'appelle une allitération dans notre belle langue Shocked .
Quant au titre "les sept vies de Numa", tout le monde aura compris qu'il s'agissait de Manu, en verlan (Ziva, Yo ).
Encore pardon d'avoir dû couper le texte en quatre, mais le forum n'accepte pas les romans fleuve .
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 23:27

ben moi j ai une delta de couleur pourpre un peu comme la couleur d un angusticlave .Sur le capot est dessiné un coleoptere ornée d une enluminure , ca fait bien rire mes voisin dont les zigomatiques moqueur ferait fanner mes phalaenopsis au polymorphisme etonnant .
ils commence tous par me casser les bombons
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denis 70
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 23:29

ya pas que les fossiles qui savent ecrire
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il capo
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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 23:31


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MessageSujet: Re: Divin Fossile VS Vice Divin Fossile   Dim 16 Nov 2008 - 23:34

Mon cher Denis, tu es bien le digne fils de ton père, la même verve, le même esprit saillant, allant droit au but, sans passer par les Dardanelles, et quel humour décapant.
Mon cher Yves, je te félicite d'avoir une telle progéniture qui visiblement s'est trouvée à bonne école.
Et surtout bravo pour ta défense du Chef, mais malgré tes talents d'avocat (du diable en l'occurrence), je crois que le cas de Monsieur Il Capo était perdu d'avance, tant l'accusé accumulait les tares. Mais c'était bien tenté .
à vous deux.
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